qoll waqt ou waqtou!

Un post de etsijavaistort sur la vulgarité et l’indécence de certaines tunisiennes, m’a rappelée combien les choses ont changé, mais et surtout en si peu de temps. Je n’ai plus 20 ans depuis longtemps déjà mais je me considère tout de même comme une femme moderne et toujours à la page et ce que je constate autour de moi est, le moins qu’on puisse dire, très grave. Je ne porte pas de jugement de valeurs sur ces filles et femmes là mais je constate l’état dramatique de nos valeurs et je ne parle pas de la morale seulement, mais à tous les niveaux, nos valeurs ont tristement ( c’est mon opinion qui n’engage que moi) dégringolé!!! Il m’arrive souvent d’ailleurs de remercier Dieu de m’avoir donné des garçons dont les pb sont tout de même d’un autre ordre.

Dans mon vieux journal intime jauni par tant et tant d’années et que je garde comme toutes les choses qui racontent ma vie et qui sont témoins de ce que je suis, j’ai trouvé une petite histoire que j’ai écrite moi même à l’âge de 17 ans quand  la virginité était ce genre de chose qui nous trottait dans la tête et la femme qui grandit en nous commençait à se poser des questions. Certains riront peut être de ces pensées et les trouveront un peu ringardes, mais c’était l’esprit de l’époque et c’était important.

Remords

Elle marchait seule, la gorge serrée, les larmes aux yeux. Elle regardait sans voir les vagues qui venaient mourir à ses pieds bleuis par le froid, et entendait sans écouter le gémissement du vent dans la mer. Elle ne savait plus combien de temps est passé déjà depuis qu’elle avait déserté son village pour errer ainsi à la recherche d’une consolation, d’un réconfort peut être. Tout cela, ces tourments qu’elle vit à cause d’un coup de tête. Elle aurait préféré mourir, plutôt que vivre ces moments si affreux, alors que quelques instants auparavant, elle venait de quitter son adolescence pour devenir « Femme ». Elle n’avait que 17 ans et pourtant sans hésiter, elle avait accepté de franchir ce pas. Elle avait été aimée comme elle en avait toujours rêvé.

Elle n’avait jamais pensé à son sort une fois qu’elle avait fait ce qu’elle voulait. Elle n’avait pas pensé au « qu’en dira-t-on », mais maintenant, il faut qu’elle s’y fasse. Et ses parents et ses amies, avec quel visage va-t-elle les retrouver? Est ce avec un visage triomphant parce quelle est parvenue à ses fins et parce qu’ainsi elle aurait prouvé qu’à 17 ans on n’était plus tellement enfant!? Ou est ce en pleurant et on implorant leur pardon d’avoir ainsi abusé de leur confiance!?

Et cet Homme qu’elle a aimé, pense-t-il encore à elle, à ce qu’il vient de se passer entre eux??? Ou bien va-t-il l’ajouter à sa collection de maîtresses, fier de sa nouvelle conquête!? Cet qui a su lui donner ce qu’elle lui avait demandé, lui qui a su si bien la posséder, comprend il que pour elle tout a changé. Se rend il compte de ce qu’il vient de faire? Il l’a rendue heureuse quelques moments pour la condamner au  malheur à jamais.

Toutes ces idées se bousculaient dans sa tête décoiffée. La pluie qui frappait son visage n’arrivait pas à détendre ses traits… Elle s’éloignait comme une automate… Les bruits réguliers de ses pas se confondaient au son des vagues…Elle n’était plus qu’un point noir… que la nuit effaça.

 

 

12 Réponses à “qoll waqt ou waqtou!”

  1. M.o.u.l.i.n dit :

    C’est très beau; et pas ringard.

  2. elgreco dit :

    cette histoire est bouleversante!
    Tant de sentiments et de sincérité!

    Bravo!

  3. cameleon dit :

    winha el ringardise ? ;)

  4. Al 7askoul dit :

    Je ne sais pas si c’est une fierté ou un malheur de perdre sa virginité a 17 ans (selon la moyenne nationale française), mais je sais qu’à 17 ans ou plus on le vit mal après, surtout quand l’homme le vrai qui tolérera l’erreur et comprendra la faiblesse de cet instant « magique » pour certains et certaines tarde à venir.
    Je parle toujours en fonction de notre situation socio-culturelle, arabes ou de culture musulmane, juive ou chrétienne mais conservateurs.

  5. CACTUSSA dit :

    c’est tres emouvant ,belle histoire.

  6. Witee dit :

    Belle histoire, gracieusement rédigée.

  7. zabadi dit :

    Je suis agréablement surprise que cette histoire vous ait plu d’autant plus que j’ai tenu à la reproduite telle que je l’avais écrite à 17 ans avec les mêmes maladresses linguistiques et grammaticales. C’est pour dire un peu que les jeunes de notre génération se posaient aussi des questions et prenaient la vie au sérieux quand la situation l’imposait, nous sortions et dansions et nous nous amusions mais cette « liberté » qui nous était accordée par nos parents avait un sens pour nous: c’était un affaire de confiance que l’on se devait d’honorer.

  8. Slim dit :

    je suis tt a fait d’accord avec toi, on perd les valeurs et les moeurs, si seulement le peuple tunisien comprend combien cette facon d’identite mais aussi ces regles pr la vie quotidienne est important.

    Et puis on tend a oublier d’une facon stupefiante voire meme laide, notre identite musulmane. Etre une femme ou un homme moderne peut rimer parfaitement avec etre musulman

    regarde ce lien

    http://bp3.blogger.com/_8j7yXwLm2CI/RfjqYTWoZfI/AAAAAAAAB6w/QPw3wiiLksU/s1600-h/CSP+-+Babbou.JPG

  9. elgreco dit :

    caramba!
    J’ai eu peur pour toi l’autre jour, suite à….

    Disons inquiét…..

  10. ptitbeurre dit :

    merci de me porter autant d attention, tu n es pas cousin pour rien!! Disons que ce n est que partie remise…

  11. salmazen dit :

    Ce sont des pensées qui au contraire d’etre « ringardes », sont des perles de mots, et a devrait être toujours au gout du jour, les temps changement certes, les mentalités aussi, mais malheureusement cela va en degringolant au lieu de s’améliorer.

    De jeune filles, à qui on a donné une certaine liberté, sans laquelle elle auraient brandit le drapeau de la rebellion et auraient vendues leurs corps à n’importe qui juste pour se confirmer d’exister en tant qu’etre humain non soumis à la volenté de la société guidée pas les croyances et superstitions.

    Des filles qui ont confondu liberté avec « grandir est l’exploration des interdits » sans tenir compte des responsabliltés qui découlent de « grandir », murir n’est pas de s’assouvir à ses pulsions, c’est au contraire savoir les dompter et les explorer responsablement en temps voulu et les partager avec les personnes qu’il faut afin de profiter de la magie de ces moments.

  12. salmazen dit :

    Ce sont des pensées qui au contraire d’etre « ringardes », sont des perles de mots, et a vrai dire, devraient être au gout du jour, les temps changent certes, les mentalités aussi, mais malheureusement cela va en degringolant au lieu de s’améliorer.

    De jeune filles, à qui on a donné une certaine liberté, sans laquelle elle auraient brandit le drapeau de la rebellion et auraient vendues leurs corps à n’importe qui juste pour se confirmer d’exister en tant qu’etre humain non soumis à la volenté de la société guidée pas les croyances et superstitions.

    Des filles qui ont confondu liberté avec « grandir est l’exploration des interdits » sans tenir compte des responsabliltés qui découlent de « grandir », murir n’est pas de s’assouvir à ses pulsions, c’est au contraire savoir les dompter et les explorer responsablement en temps voulu et les partager avec les personnes qu’il faut afin de profiter de la magie de ces moments.

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