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Archive pour 11 juillet 2007

Bloggons pour un « dialogue des Générations »

Mercredi 11 juillet 2007

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Ce qui, à mon avis fait la richesse de cette société virtuelle qu’on appelle Blogshère, c’est les différentes générations qui la forment. Certains me diront alors que même la société réelle est elle aussi formée de différentes générations. Mais la différence à mon sens, c’est que dans le virtuel et, c’est dommage d’ailleurs, le dialogue est souvent plus aisé. Est-ce l’effet de l’anonymat qui enlève toute inhibition et permet plus d’ouverture d’esprit de certains « grands » avec les « jeunes », ouverture qu’ils n’ont peut être pas avec leurs propres enfants??? Je me pose la question.  Le fait est, que grâce à cette blogsphère, « grands » et « jeunes », peuvent s’échanger des avis sur des questions diverses, partager des goûts et des centres d’intérêts. 

Nous sommes très certainement visités par des bloggeurs de l’âge de nos enfants. Et même si on ne voit pas trop leurs commentaires, cela ne veut pas dire qu’ils ne nous visitent pas. C’est pourquoi j’ai pensé à lancer une invitation à ces « jeunes » pour un dialogue franc et sincére avec les « grands », pour tout simplement nous parler de leurs rêves, de leurs craintes et de ce qu’ils pensent qu’il ne marche pas entre nous. 

Dans un post de Massir où elle parlait d’enfants de divorcés et de délinquance juvénile, je l’avais invitée dans mon commentaire sur ce post à réfléchir plutôt sur la démission des parents et à leur manque d’écoute flagrant de leurs enfants. Je vous présente le commentaire en question réécrit pour mieux l’adapter au sujet de mon post à savoir :  »Le Dialogue entre les Générations ».  Je crois que la délinquance juvénile n’est pas vraiment une question d’enfants de divorcés. Tous les enfants de divorcés ne sont pas fatalement des délinquants et les exemples sont nombreux pour illustrer cela, par contre des enfants qui vivent avec des parents démissionnaires de leur rôle d’éducateurs, sont souvent des projets de délinquants.  Moi même j’ai élevé mes 2 garçons seule, parce que pour des raisons professionnelles et par la suite pour d’autres, le Papa était souvent absent, en voyage ou ailleurs, mais j’ai dû assurer parce que j’avais vite compris que je n’avais pas d’autres choix que d’être le père et la mère pour eux. J’ai donné la tendresse et l’affection d’une mère et j’ai exigé la discipline et la rigueur dans l’éducation et les études d’un père, même si je pense que ce partage des rôles n’est qu’arbitraire. Mais j’ai surtout beaucoup écouté mes enfants, j’ai suivi l’évolution de leur esprit et de leur anatomie et il n’y avait aucun sujet tabou entre nous. J’ai dû répondre à des questions gênantes des mes garçons, auxquelles un papa trouverait plus facilement les mots pour répondre et je l’ai fait parce que j’ai toujours pensé que je pouvais leurs donner les vraies réponses aux questions qui les inquiétaient surtout pendant la période de leur puberté. J’ai été complice de leurs premiers émois, la confidente et consolatrice de la première déception amoureuse. Ce n’était pas difficile pour moi, pour avoir toujours moi-même mis mes enfants dans la confidence. Ils savent tout de moi : du premier amour, au journal intime avec mes poèmes de fleur bleue, jusqu’à la rencontre avec leur papa et les péripéties de notre mariage ; c’était un deal entre nous : on se dit tout (ou presque) et s’il ya problème, on essai de le résoudre sans se jeter la pierre. Le plus important pour moi était que mes enfants sachent que je leur faisais confiance et que l’on a tous droit à l’erreur, à condition de toujours parler ensemble et de ne pas taire un problème ou faute.  Je me rappelle qu’i est arrivé qu’ils me faisaient des réflexions qui m’embarrassaient beaucoup mais, nous en discutions parce que j’avais fait le choix de suivre mes garçons et de ne pas les laisser aux grés des fréquentations douteuses. Et du coup je n’étais plus maman, j’étais le copain des copains et la copine des copines.  Je me souviens qu’au début de sa 1ére année de lycée, mon fils me parlait beaucoup des grands élèves qui fumaient dans les toilettes, alors je lui avais demandé s’il avait lui même fumé, il me répond que non, je lui avais alors demandé s’il n’était curieux d’en essayer une, il sourit et il me dit :  » el haq el haq mama madhabia  » alors je lui dis : « ok, on va la fumer cette première cigarette ». Il était surpris parce que j’acceptais de le voir fumer et devant moi et qu’en plus j’allais moi même fumer avec lui moi qui ne fumais jamais. Le jour J je l’appelais dans notre bit el k3ad et je lui dis : « viens on va la faire la cigarette ». Comme on n’avait pas de tabac chez nous, j’ai envoyé chercher 2 cigarettes de chez l’ami de mon mari qui ce jour là était venu déjeuner chez nous, l’ami (Allah yarahmou parce qu’il vient de décéder d’un cancer des poumons) était surpris mais bon, nous file quand même 2 cigarettes, et nous avons fumé chacun la sienne accompagnée d’un verre de thé vert à la menthe. A la fin, je lui avais demandé :  » alors quelle effet ça t’a fait de fumer cette cigarette ? »  il me répond : « tu sais ça me donne un peu de vertige et puis le goût ne me plait pas trop ». Je lui dis alors :  » attends mais tu n’as pas vu  la meilleure, viens sentir  ma bouche, comment trouves tu mon haleine? » , il me répond :  « franchement maman pas bonne du tout, on dirait l’haleine de 3am flen ( l’ami en question) je lui dis alors :  » eh bien mon bébé c’est cette haleine la que tu auras lorsque, fumeur tu parleras aux gens et c’est cette haleine la que tu auras lorsque tu embrasseras ta copine et plus tard ta femme et tes enfants, si tu aimes alors vas y fumes » . Il est sur ses 23 ans et n’a depuis jamais mis une cigarette dans la bouche. Même ses copines évitent de fumer devant lui parce qu’il déteste ça.                                           


J’ai raconté cette petite histoire qui pourrait sembler anodine mais elle pourrait illustrer combien il est important et vital d’être à l’écoute de nos « jeunes », leurs laisser la parole, leurs faire confiance, ce n’est qu’ainsi qu’ils peuvent grandir en êtres libres et responsables